Des centres commerciaux poussent un peu partout ici, pas loin, il y a le City Mall, à ne pas confondre avec le Mall, plus grand, plus loin et un rien plus ancien.
Vu le froid polaire qui s’est abattu ce vendredi sur la Roumanie, j’y vais.
J’ai pris une photo du City Mall, après j’avais déjà la sécurité sur le dos. Interzis !
Beaucoup de boutiques, peu de clients, des agents de sécurité et des techniciens de surface dans tous les coins, sur quatre étages. On vend du textile, des téléphones mobile et des cosmétiques. Un cinéma, des billards, des machines à sous, des échoppes de restauration rapide…
C’est moche. Mais d’autres Malls arrivent, je lis que Mordechai Zisser (Plaza Center) investit dans la “Casa Radio”, la maison (avortée) de la Radio de l’ère Ceaucescu et en fera un beau Mall comme il faut… ( voir http://hvg.hu/english/20070130_mall_king_zisser_plaza_centers.aspx )
Place du Sud, sur le chemin du retour, un modèle plus ancien du Mall offre des marchandises similaires, plus bas de gamme. C’est comme une sorte de grand bazar à l’orientale. J’achète un grille-pain. C’est marrant dans l’interview MZ fait aussi allusion au grand bazaar d’Istanbul pour décrire le pan culturel d’un de ses monstres en Hongrie.
A l’extérieur, covrigi (bretzels), saucisses, vin au tonneau et carte de téléphone vendues à la dérobée.
Place du Sud est un nœud intermodal : le métro et plusieurs lignes de trams et de bus y passent, c’est ici qu’on saute dans un maxi-taxi pour continuer vers les banlieues lointaines.
Qui dit Mall dit terrains en friche, qui dit terrains en friche dit cimetières, donc j’en ai visité un, le cimetière luthérien-évangélique, voisin d’un cimetière juif, qui était fermé à cette heure-là. Beaucoup de petits cimetières jouxtent encore les églises. Le cimetière protestant est plus entretenu que son voisin, jonché de détritus.
Certains tombeaux sont digne du Père Lachaise ou de notre cimetière de Laeken. On y voit des tombes récentes, mais la plupart datent des 19ème et 20ème siècles. On apprend beaucoup sur l’histoire du pays en décryptant les inscriptions funéraires.
Les noms sont allemands mais aussi hongrois et roumains.
Les inscriptions sont majoritairement en allemand, mais il y en a en roumain, et puis une en français, celle de la famille Walter. Certains sont décédés en Allemagne, mais inhumés, ici où ils sont nés. Une vie dans l’histoire du 20ème siècle…
Expédition en tram, recyclé d’une ville allemande, mais sans intérêt sinon l’intérieur et retour à pied.
C’est ainsi qu’on découvre la ville.
PS: du coup je vais créer une catégorie supplémentaire, “Mall”. Pas cimetière. Encore que…
Ce ne sera pas une bonne journée pour les « magazin mixt » de la Chaussée de Berceni : toutes les ménagères du quartier se sont donné rendez-vous chez Mega Image.
Oui, le Delhaize local a ouvert ses portes. Les ménagères ne se sont pas retrouvées pour tailler une bavette mais pour découvrir les rayons chargés de marchandises nouvelles et comparer les prix. Il y a de tout : des produits roumains, mais finalement assez peu, notamment peu de légumes. Ce qui vient du pays est moins cher que les marchandises importées. Rapidement, les produits bon marché sont dévalisés: thon en boîte, soft drinks, bières premier prix, soja déshydraté… Par contre qui va acheter, leur wasabi, leur saké et leur saumon fumé?
Beaucoup de légumes viennent de Turquie, certains d’Italie, d’Espagne ou d’ailleurs en Europe. De la roquette, roumaine. Des radis, une botte. Des fines herbes, fraîches. La viande est plus souvent indigène, parfois indigeste.
Le reste, il y a de tout : beaucoup de denrées alimentaires italiennes, autrichiennes ou françaises. De la charcuterie belge.
On trouve du Camenbert Président, des chips Lays, des marmelades anglaises, de la farine et du sucre bio cinq fois le prix de l’équivalent de base, une vingtaine de variété de pains, des pâtes italiennes de Cecco et Barilla, des pâtes roumaines. Du vin, oui, de tout également : des bons et des moins bons, roumains et une petite section franco-italienne, bien plus chère. Les bouteilles sont déjà recouvertes de poussière, certaines ont été essuyées. Elles ont déjà passé quelque temps dans d’autres rayons.Les bières : habituelles, la Stella n’est pas arrivée mais bien la Leffe et la Dab, et l’assortiment roumain habituel.
J’essaye d’acheter local: vin, fromage, viande, ça va. Pour les tomates je n’ai pas le choix, elles viennent de Murcia. Mais peut-être cueillies par des mains roumaines. La sauce tomate semble roumaine, mais elle n’a que la marque de roumaine, c’est made in Italy. Le pain, sans doute cuit sur place, est délicieux. Les paniers sont peu remplis : on inspecte, on regarde, on soupèse. C’est la foule, les rayons sont étroits et les clients hésitants. Le personnel, nombreux, veille au grain. Les caissières sont secondées par des préposées aux sacs. Mais les prix ne sont pas toujours connus. Le scanneur a des ratés, les pains et légumes doivent être identifiés et pointés à l’écran tactile. Patatras, le concombre fait planter le système et il faut appeler un superviseur pour annuler à l’aide de sa clé les patates découpées enregistrées à la place du concombre (en roumain, cartofi commence comme castraveti). Cela prend plusieurs minutes.
Les files s’allongent, on joue des coudes et des caddies, certains changent de caisses, car toutes ne sont pas équipées pour le paiement par carte.
A l’extérieur, c’est presque aussi animé, on se presse, une fillette tzigane gère les caddies.
Elle change la Chaussée de Berceni ! Le supermarché belge cotoye désormais les banques française et grecque et les station services hongroise et autrichienne…
Ce soir, c’est vendredi soir, donc le Mega City Delhaize Image tourne à plein rendement…
Il faut tordre le cou à quelques canards qui circulent sur la Roumanie et Bucarest. Non, on n’est pas sous la neige, et les terrasses marchent bien en cette fin février, il y a du soleil et jusqu’à 15°.
Non, je n’ai pas croisé de loup ou d’ours. Non, aucun chien errant ne m’a menacé même si on les entend régulièrement et qu’il faut parfois freiner en voiture pour ne pas les écraser.
Et non, la ville n’est pas violente, beaucoup moins que Bruxelles, Londres ou Paris à mon avis. Les transports en commun fonctionnent bien, le soir aussi, ils sont pleins et on n’a pas la moindre impression d’insécurité à cause de deux trois lascars qui font du ramdam.
Bref, c’est cool, et d’ailleurs, ici, ils ont des chats (pisica, au pluriel pisici) … de garde!