Marc O. d’Uccle me demande la provenance de la casquette de l’armée belge-Belgische leger arborée par “Sergei”, le vendeur d’ogive au marché Privoz d’Odessa.
J’ai donc mené l’enquête et avec l’aide du KGB et des Services militaires d’action territoriale et journalistique d’espionnage et de sécurité (plus couramment appelé S.M.A.T.J.E.S en Belgique), j’en suis arrivé à la conclusion suivante.
Sergei ne fait pas que vendre des ogives nucléaires aux touristes. Sinon, il n’arriverait pas à payer son bortsch quotidien. Il sert aussi d’entremetteur dans divers trafics louches qui se déroulent au port d’Odessa. Ainsi, il y a une dizaine d’années, il aurait pu acquérir pour un bon prix le contenu d’un container expédié de Belgique vers Moscou. Le dit container renfermait des pièces que le Musée de l’armée à Bruxelles restituait à la Russie au terme de longues tractations. En échange, les Russes rendaient les archives volées par l’occupant allemand pendant la Deuxième guerre (archives de loges maçonniques, Institut Vandervelde, PCB, etc.). Dix containers remplis d’archives belges contre dix autres pleins d’uniformes tsaristes, d’oeufs de Pâques de grande valeur, de verres à vodkas gravés et de décorations datant d’avant 1917).
L’échange devait avoir lieu à Minsk en Belarus, à la gare routière Oschinsky, mais au jour prévu, un des camions russes est tombé en panne et n’a pu arriver au rendez-vous. Les Belges constatant qu’il manquait un container du côté russe ont décidé de garder un des leurs une nuit de plus dans l’attente du camion manquant. Il est arrivé le lendemain à Minsk mais pas de chance, au cours de cette nuit, des malfaisants belarusses ont profité de l’absence de garde autour du camion belge pour le dérober!
De là on perd sa trace pendant quelques semaines jusqu’à ce que la gendarmerie ukrainienne l’intercepte à l’entrée de Kiev un beau matin d’avril 1997. Le camion est saisi, sa marchandise inspectée, et là, à la grande surprise des gendarmes ukrainiens, ils tombent sur un stock de casquettes ABL datant des années 30 et 40, dont certaines ont été, dit-on, portées par Léopold III en personne.
Après 18 mois d’enquête en sens divers (y compris en République démocratique du Congo en pleine guerre civile) et une émission retentissante de Jean-Claude Defossé à la RTBF, les Ukrainiens décident de réexpédier le container à son propriétaire, le Musée de l’armée à Bruxelles.
Il est alors chargé sur un autre camion direction Odessa où il doit embarquer à bord d’un cargo battant pavillon panaméen malgré son nom, le “Karaboudjan”. C’est sur les quais d’Odessa que le container est une deuxième fois la cible de voleurs: nuitamment à nouveau, ils forcent les scellés, fracturent les cadenas et mettent la main sur le stocks de casquettes. Depuis lors, Sergei les écoule tranquillement auprès des touristes sur le marché Privoz….
50 grivna la casquette, pas cher et on peut discuter. A l’intérieur de celle qu’il porte, on peut lire l’inscription “LIIIREXBELGORUM”…
Un commentaire jusqu'à présent
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C’est ce qu’ici, en Suisse neutre, un certain Jung a appelé “synchronisme”. Ca marche aussi entre la Belgique et l’Ukraine.
Comment par Val 23 juin, 2007 @ 12:31