Les Arènes romaines auraient pu être rebaptisées Arènes Rroms hier.
L’endroit est idéal pour un concert en plein air: environ 7000 places, moitié debout, moitié assises en gradin dans une architecture néo-classique d’amphithéâtre romain enfouie dans un parc du sud de Bucarest.
Au programme de la soirée, trois concerts. Tout d’abord les Nightlosers, qui mêlent le blues et la musique traditionnelle roumaine.
Ensuite le Shukar Collective, qui rassemble des musiciens rroms de Moldavie roumaine et des DJ’s.
La tête d’affiche venait de New York City: Gogol Bordello se présente comme du “Gypsy punk”.
La vidéo de “Start wearing purple”:
Les Gogol Bordello seraient donc à la musique tzigane ce que les Pogues sont à la musique celtique?
Oui et non… Musicalement, le concert était fort peu épais: on est entre les Leningrad Cowboys, le No Smoking Orchestra de Kusturica et un groupe de reprise d’Aubervilliers. Mur de son, batterie écrasante, panade de violon et accordéon, rythmes speedés, compositions peu convaincantes et choristes sans voix…
Le concept est évidemment pompé sur les Pogues et la Mano Negra (reprise de la Mala Vida “d’un ami à moi” selon le chanteur Eugène Hütz), mais la concrétisation musicale est décevante. Non, le point fort des Gogol, c’est leur présence scénique.
A commencer par celle du leader du groupe Eugène Hütz, sorte de croisement entre Borat et Manu Chao, torse nu, moulé dans son bermuda de sport jaune, foulard à paillettes noué autour de la taille, cheveux noirs ébourriffés décorés d’une croix gammée barrée, gesticulant comme un possédé, torturant sa guitare sèche tel un punk catalan, bondissant d’un côté à l’autre de la scène.
Le reste de la bande est aussi pittoresque: un barde au violon qui a certainement un passé de folkeux celtisant (le seul avec de la voix), un accordéoniste bedonnant au prénom russe (ou ukrainien), deux choristes hésitantes à mi-chemin entre les Zap Mama et Franco Dragone…
Bref, après le punk rock, le celtic punk et le reggae punk, les Gogol ont inventé le circus punk.
Seul moment de grâce, pendant le rappel, le chanteur empoigne sa guitare et interprète un morceau en roumain, sans doute pour la première fois de sa vie. Le public a apprécié.
Autre instant intéressant, la petite allusion moralisante à l’incident entre le Président Basescu et une journaliste qu’il a traité de “tzigane malpropre” en ouverture de la reprise de “Mala vida”… Le public a réagi, mais j’aurais donné cher pour lire à ce moment les pensées des robocops de la compagnie de sécurité qui sponsorisait le concert. Mais je ne suis pas sûr qu’ils comprennent l’anglais…
Les Gogol Bordello sont en tournée en Europe et seront de retour en Roumanie en juillet.
Et la page wiki: http://en.wikipedia.org/wiki/Gogol_Bordello
2 commentaires jusqu'à présent
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Gogol Bordello was vorig jaar op Pukkelpop. Heb er een stukje van gezien. Rommelig concertje.
Commentaire par dw 27 mai, 2007 @ 10:33Salut jean-François,
Les Gogol ont quelques chansonsn en roumain. A part le fait qu’ils soient établis à NY, sais-tu d’où ils sont ? Moldavie, Ukraine… ? Je me pose toujours la question.
Commentaire par Didier (la Belladone) 7 juin, 2007 @ 11:33