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C’est le dernier jour d’août. Le dernier jour à Bucarest.
Je pars à travers la montagne pour rejoindre Bruxelles.
La revedere!
“Le fait que Dracula n’ait pas existé ne veut pas dire qu’il n’existe pas”
Lucian Boia
Constanta est un peu en ruine, le centre a souffert de son histoire, sismique notamment. Mais la cité est belle. Elle domine un immense port d’où se dressent de nombreuses grues. De l’autre côté du phare génois et du casino tarabiscoté, le port de plaisance accueille les promeneurs. Des terrasses servent d’excellentes soupes de poissons. Les vacanciers affectionnent les tenues rouges. A tous les coins de rues des pizzeria (9 RON la pizza, 2,50 euros…).
Place Ovide, le Musée d’histoire et d’archéologie de style Brancoveanu est partiellement rénové: le rez-de-chaussée abrite un trésor de statuaire et de bijoux antiques. A noter un remarquable couple de penseurs préhistoriques. Aux étages, un musée au style national-communiste intact enseigne l’histoire de la Roumanie telle qu’elle était professée ici il y a 20 ou 30 ans. Les Roumains descendent des Géto-daces, les plus valeureux des Thraces, le socialisme, etc… De plus il compte certaines sections surprenantes de numismatologie et une collection de pipes! Encore un musée dans le musée, ou un musée du musée…
A côté, une vaste mosaïque romaine est protégée par un hideux édifice années 60. Pas un visiteur, juste une gardienne qu’il a fallu amadouer et un chat noir qui se promène sur la mosaïque comme s’il était chez lui…
Plus bas vers le port, la mosquée (datant en gros de 1910) et la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul. On peut admirer la vue du minaret sur toute la ville, la mer Noire et le port.
En sortant de Mamaia, la station balnéaire au nord de la ville, pour la première fois, un panneau indiquant Istambul…
A trois heures de route de Bucarest, un peu de repos à Mamaia, au bord de la mer Noire.
La station est organisée parallèlement au front de mer: la route (entrée payante 3 RON, 1 euro) à deux fois deux bandes longe l’arrière des hôtels et la lagune. Côté lagune, de rares hôtels, récents. Des discothèques, un parking rempli de hors bord pour le Grand Prix qui commence dans quelques jours.
De l’autre, les hôtels plus anciens ont pour la plupart été assez bien rénovés. Ils sont grands, cent, deux cents chambres facilement. Ils sont disposés en un savant désordre, certains plus proches de la plage, d’autres en retrait. Entre eux et le sable, une promenade agréable, avec des marchands de fruits, de journaux et d’articles de plage.
Nous avons mangé italien. A la Fattoria à midi, à la Cena le soir. De bons choix qui confirment l’adage du “bon restaurant roumain”…
Le vent qui souffle a apporté la pluie torrentielle dans la nuit. Mais on a pu se baigner dans la mer Noire…
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Petit détour par le domaine Prince Stirbey à Dragasani en rentrant de Transylvanie: ses coteaux dominent la large vallée de l’Olt que je suis régulièrement dans mes déplacements en Roumanie.
Le domaine revit depuis 2003, après sa restitution. L’équipement est top moderne, financé par la famille de la descendante des princes Stirbey.
Un jeune oenologue allemand veille au développement de vins authentiques et honnêtes, à base de cépages locaux (Cramposie, Feteasca, Tamaoiasa) et de classiques (Cabernet Sauvignon, Sauvignon blanc). Rien que des monocépages.
Dehors, le mercure frise les 40° mais les caves sont fraîches. Curieusement, tout le vin rouge a été vendu. Mais j’achète le blanc qui convient mieux!
Les vendanges ont commencé. On cueille uniquement tôt le matin. Après trois mois de sécheresse, cette saison a été sauvée par une pluie providentielle, me confie-t-on.
A découvrir dans la région de Sibiu: les villages saxons comme celui de Cisnadiaora, ou Michelsberg en allemand.
C’est là que le professeur Eugène Van Itterbeek vit. Ce Flamand enseigne notamment la littérature française à l’université de Sibiu.
Très mignon, au dessus des bois, dans un vallon, dominé par une église forteresse, 400 habitants dont 150 Saxons, quelques pensions, toutes complètes.
A recommander.
La route qui y mène longe le Parc Astra avec ses airs de Tervueren et son musée du village ainsi que les voies du vieux trams, apparemment remis en service pour l’année culturelle à Sibiu, sous le titre “A streetcar named Popescu”. Etonnant.
Retour une nouvelle fois à Sibiu. La capitale culturelle est toujours envahie de touristes, preuve que le tourisme a un avenir en Roumanie.
La Transylvanie attire beaucoup d’Allemands et de Hongrois, mais chacun y trouve son compte. Quelques restos font des efforts pour servir des plats intéressants dans un décor soigné. Le centre est propre et accueillant. Des petits marchés pour touristes fleurissent. Plusieurs musées dont le Bruckenthal valent la peine. Et la région est très belle…
Venez!
Un mur sépare une rue en deux à Sfantu Gheorghe.
Nous sommes dans le Szekelföld, le pays de Sicules, des Hongrois ethniques habitant l’est de la Transylvanie. Il s’agit d’une petite ville où l’on parle plus hongrois que roumain. Pour le touriste, mis à part un musée, elle présente fort peu d’intérêt.
En cherchant un hôtel à l’écart, je suis tombé sur une rue, résidentielle, qui grimpait. Me croyant sur le bon chemin, m’étant renseigné à plusieurs reprises, je m’y engage avec la voiture.
Au départ, rien ne la distingue des autres: passé une église, le quartier résidentiel se fait plus modeste. Moins de villas, plus de pavillons, puis des blocs à appartements. Rien de spécial.
Mais tout d’un coup, la rue est divisée en deux, dans le sens de la longueur: un mur de béton de deux mètres cinquante de haut sépare le côté droit du côté gauche. D’un côté c’est asphalté, de l’autre pas. Pensant arriver à mon but, et pratiquant la conduite à droite, j’opte logiquement pour le côté droit, celui des blocs à appartements.
Une fois engagé sur la voie étroite, un doute me saisit: où suis-je et surtout pourquoi ce mur? Qui l’a construit, quand et pourquoi est-il toujours là?
Il n’y a personne, pas âme qui vive. Quelques voitures sont garées le long du bloc.
J’arrive au bout, cinq cents mètres plus haut, entrée de garage, cul de sac. Je fais demi-tour presto. Je redescends jusqu’à l’endroit où débute le mur et constate que de l’autre côté, la rue se mue en chemin de terre longeant les petites maisons modestes. Pas une voiture. Quelques gamins jouent.
C’est clair, à droite j’ai longé le bloc des “blancs” (Roumains ou Hongrois), à gauche, les “noirs”, les “bronzés” (comme je le lis sur les blogs roumains), les Tziganes, les Roms.
Entre eux, un mur de béton.
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“What’s the problem?”
Formule d’accueil pour le client dans certains hôtels, entendu en Transylvanie.
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Belle ville pour des vacances en ville que Brasov.
Kronstadt en allemand, car la cité est saxonne, Braso en hongrois, Corona en latin, le centre historique a pu être préservé, tandis que les banlieues industrielles se sont étendues hors du vallon étroit où elle est née.
Forteresse saxonne bâtie contre les attaques turques et tatares, elle a résisté, a été conquise, avant de se relever et de connaître le sort de la Transylvanie, austro-hongroise, puis roumaine.
Aujourd’hui, la ville accueille nombre de touristes et invite à la flanerie. L’ambiance est plus vivante qu’à Sibiu, plus muséifiée et toute entière tournée vers son activité de capitale européenne de la culture. Plus excentrée que Cluj, plus près des montagnes, elle a su garder une ambiance relax.
Une des meilleures destinations vacances en Roumanie.
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“It is a very good wine. You know it used to be the favourite wine of our former president. You know Nicolae Ceausescu?”
Les conseils du sommelier du restaurant Bella Musica à Brasov. Le vin était correct pour le prix, bien que servi trop chambré.
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Un post qui aurait pu s’intituler “Spir(o)u et Lascar”, mais ce titre aurait fait moins de hits que celui-ci qui pour d’obscures raisons est le plus souvent recherché et assure un trafic ininterrompu à ce blog…
Oui, Lascar est bien un prénom (peu courant) ici, de même que Spiru, qui se prononce exactement comme Spirou en français.
Barbu reste aussi assez étonnant, mais rare, Tudor l’est un peu moins.
Mais il n’y a pas que cela: j’ai rencontré (pas plus tard qu’aujourd’hui) un Vlad. Comme Vladimir en russe, mais surtout comme Vlad Tepes, l’Empaleur, à la base de la légende de Dracula dont j’ai visité le soi disant castel de Bran ce dimanche. Ce Vlad là est patron de café et son nom, Bucur, évoque à la fois la joie (traduction littérale) et sa ville de Bucarest (Bucuresti en roumain).
Beaucoup de Roumains s’appellent tout simplement Alex, Andrei, Mihai (Michel, avec Mihaela au féminin), Nicolae, Toma, Ion (Jean), Cristian ou Dan (Daniel). Les femmes répondent aux noms d’Anca, Catalina, Claudia, Denise, Elena, Irina, Ileana, Lea, Lorita, Monica ou Stefana.
Sorin, Cosmin et Florin sont des prénoms courants. Sorina existe au féminin.
A côté de cela, la veine latine a donné des Traian (Basescu, le président actuel), Ovidiu ou des Fabian. J’aime aussi beaucoup Aurel, qui donne Aurelia au féminin, (Aura existe également) ainsi que Iustina. A leur tour, Vasile et Gheorghe ont un petit parfum grec.
Inutile de dire qu’Attila, Avram, Hermann, Varujan ou Laszlo dénotent pour le moins leurs origines mais montrent bien la diversité ethnique du pays.
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Juste pour marquer le coup: ce blog a été lu plus de 5000 fois…
Il va bientôt s’arrêter, mais pas encore tout de suite.
Alors, en route pour les 10.000?
Merci frumos!
Je me souviens la fois où mon ami anglais Justin a débarqué de Londres en Eurostar pour passer le week-end à Bruxelles.
Au Parvis de Saint-Gilles, il va retirer du cash au distributeur à côté du métro.
“Aboule le flouz’, ha que j’te…”, bon, Justin ne comprend pas tout heureusement, mais il saisit avec flegme la teneur du mauvais accueil de la faune locale (“Oh, I think there might have been some kind of trouble”…), gloups, j’interviens, je fais dégager les deux lascars aussi sec, mais la honte…
Ici, moins grave, mais tout de même.
Lorsque Bruno arrive, au parking de l’aéroport, tout se bloque: la caisse automatique bien sûr (depuis longtemps en fait), mais aussi un des deux caisses avec personnel, bref, file d’attente à l’autre (5 ou 6 vols internationaux arrivent en même temps) pour payer ses 2 lei de parking, puis descente sous-sol (-2) pour récupérer la voiture, et là: les deux doubles barrières de sortie bloquées. On ignore pourquoi.
Direction l’issue supérieure après de multiples demi-tours dans les deux files immobilisées. Là, c’est pire: impossible de monter par le colimaçon, entièrement paralysé.Il y a deux étages à gravir et rien ne bouge. Il est tard mais il fait toujours plus de 30° et les moteurs tournent.
Re-demi-tour, après une heure presque d’attente absurde, lorsque j’entrevois les barrières figées fonctionner à nouveau. Je dois le crier aux autres pour les convaincre de faire demi-tour et dégager le chemin. Une heure de perdue…
Et ceci n’a rien à voir, si ce n’est que c’est aussi un parking, chaussée du Nord, Sosea Nordului, le quartier rupin le long du parc Herastrau, une sorte de gated community ou de ghetto pour riches. Celui-ci a fait fortune dans la ferraille et a entouré sa villa hypermoderne de grilles en inox. Assez larges pour faire admirer le contenu du parking, agencé façon marchand d’autos d’occasion. Sur la photo, on voit les deux Rolls, la blanche est décapotable, et hors champ, il y a trois Mercedes dont un 4X4. Hors champ également, le gardien…
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Je me suis fais proposer deux fois du “silicon” en un jour à Bucarest: une fois rue Eminescu, au carrefour Dacia-Dorobantilor. Pour une fois, j’étais en voiture. Il y a là quelques mendiants ou vendeurs à la sauvette. Celui-là proposait des essuie-glace… Des “siliconés”, littéralement traduit du roumain…
Bon je n’en avais pas vraiment besoin, ayant changé les miens il y a quelques mois et comme il pleut peu dans ce pays…
Plus tard, sortant à pied de chez Grand Café Galeron, un endroit un peu correct au centre, à l’heure de l’apéro, je me fais alpaguer par deux Apaches de mahala qui me proposent “girls, girls, for tonight or tomorrow, mister”… “Siliconées”, à n’en pas douter…
Sur le coup, j’étais un peu surpris. J’ai fait fi de ces propositions malhonnêtes, en fait pas tout à fait étonnantes dans ce quartier central un peu interlope, près de Piata Romana et Piata Amzei, mais j’avais oublié…